Débat : La question de la dépendance



mardi 30 août 2011

Le 29 juin dernier, lors de la session du conseil général nous avons débattu du dossier de la dépendance qui doit faire l’objet de propositions du gouvernement. Au nom du groupe de gauche, j’ai fait une intervention à ce sujet dont voici les grandes lignes.




Ce premier débat dans l’assemblée départementale devra avoir des suites. Même s’il s’agit d’un sujet national, cette question est fondamentale pour notre société et nos concitoyens. Il faut d’abord souligner que si on présente toujours le vieillissement comme une charge croissante, l’allongement de la durée de la vie est un fait positif que beaucoup de pays pourraient encore nous envier.

Ce vieillissement et les questions qu’il pose se fait de manière progressive et il faut se méfier de ceux qui annoncent un « tsunami » pour la dépendance. D’abord la mise en place de l’APA il y a une dizaine d’années a été un succès qui a permis des services nouveaux notamment à domicile.

Il y a beaucoup d’enjeux autour de cette question :
  • l’enjeu démographique : de 2010 à 2040 les personnes de + de 85 ans augmenteront en nombre de 300% (mais ceux en situation de dépendance sont estimées dans le même temps à +50% )
  • l’enjeu de la solvabilisation, il faudra pouvoir payer les nouveaux services
  • l’enjeu du financement, nous refusons de renvoyer chacun vers un financement privé
  • l’enjeu institutionnel (quelles sont les stuctures qui doivent contribuer à une prise en charge ?)
  • et enfin un enjeu de définition, il y a besoin d’un périmètre clair et ne devrions-nous pas parler plutôt de perte d’autonomie ?

Globalement nous souhaitons la mise en place de solutions progressistes pour une prise en charge universelle nationale, solidaire et pérenne. Pour nous, il n’est pas question de déroger à un principe de solidarité. Il n’est pas question de laisser l’individu seul face à sa perte d’autonomie. En ce sens, toute proposition allant vers l’assurance privée serait une catastrophe.

Je voudrais souligner quelques principes auxquels nous tenons :

une prestation de solidarité nationale financée par l’ Etat et les Départements. Aujourd’hui, l’ Etat prend seulement à charge 28% et les départements 78%. Ce rapport est totalement injuste, il faudrait revenir au minimum à un rapport de 50/50.

Il est indispensable de laisser aux Conseils Généraux la responsabilité de la gestion, nous voyons une gouvernance à trois niveaux ; un niveau national, un niveau départemental en transformant les MDPH en Maisons départementales de l’autonomie et enfin un niveau local en contractualisant avec les CCAS. Il est important d’être plus efficace et plus lisible pour les citoyens.

Il faut mobiliser d’autres fonds que les seuls fonds existants. Nous sommes pour une CSG égale, que l’on soit actif ou retraité puisque le revenu moyen est identique en exonérant les plus bas revenus.

Dans un projet de loi il serait nécessaire d’élargir la question. Pour cela il faudrait traiter la question de l’aide aux aidants, définir une politique ambitieuse de santé publique et de prévention, repenser l’habitat et la conception des espaces publics pour tous les âges, fluidifier le parcours de soins de la personne âgée, créer les conditions d’une meilleure attractivité des métiers de l’aide aux personnes (il est prévu plus de 300 000 embauches dans les 10 années à venir).

Voilà de nombreux enjeux et une question avec plusieurs entrées. Notre groupe sera bien présent dans les mois à venir.
 

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