Parce qu' il fallait le dire...



mercredi 25 janvier 2012

A l’issue d’une journée du 20 janvier qui fera date dans l’histoire municipale, démission de Jean-Claude ANTONINI et désignation interne d’un remplaçant dans la foulée, un nouveau Maire a été choisi par le Groupe Majoritaire. Ce sera donc lui qui sera élu le jeudi 26 janvier.


J’ai déploré publiquement devant la presse les conditions précipitées dans lesquelles ce passage de témoin s’effectuait.

Entre la vie interne d’une équipe et l’expression publique, il y a toujours une marge, plus ou moins importante selon les périodes. Ce qui se dit dans une « famille » ne regarde pas systématiquement l’extérieur et la prudence est souvent de mise. Comme on dit : « on lave son linge sale en famille ».

Il arrive cependant des moments où l’expression publique devient une exigence morale, notamment dans des situations où ceux qui ont donné un mandat (les Angevins) ont besoin de clés de lecture que la rapidité de l’action n’a pas permis d’obtenir. Nous sommes dans une telle situation aujourd’hui.

Depuis le 20 janvier où, avec insuffisamment d’analyses, le groupe majoritaire a choisi un futur Maire j’ai eu cette expression publique que je prolonge aussi à travers ces lignes.
Dans un moment fort de l’histoire municipale comme celui-ci, il est important que chacun s’interroge sur les grands principes qui font la grandeur de la vie publique. Personnellement, je ne crois pas archaïque d’être dans une telle démarche. C’est une question d’éthique personnelle mais aussi collective.

Pour moi, être de gauche n’est pas seulement un choix ou un engagement. C’est aussi un degré d’exigence très élevé quant à nos pratiques politiques. La gauche est, entre autre, historiquement attachée à la justice sociale, à des valeurs humanistes et d’égalité, à la tolérance, à la qualité de la démocratie. Elle ne peut pas vouloir certaines évolutions de la société et dans ses propres rangs avoir des pratiques en inadéquation avec ce qu’elle réclame.
Dans cet épisode de l’histoire angevine, mes valeurs ont été particulièrement heurtées, ce type de question posée m’a beaucoup « travaillé » au fond de moi.

Dans mon entourage où j’entends ces jours-ci des dizaines et dizaines de commentaires, certains auraient voulu que je claque la porte et que je démissionne du conseil municipal. Ce n’est pas ma conception de l’action politique. Le choix qui est fait par le groupe majoritaire et l’élection du conseil municipal ne sont pas des actes illégaux ! Ce que je dénonce, la précipitation de la décision et les conditions de passation du pouvoir, ne remet pas en cause la nécessité d’une démocratie délibérative. Et dans ce sens, quand une décision est prise par la majorité des décideurs, ceux qui avaient fait un autre choix doivent en prendre acte.

J’ai toujours été respectueux des choix d’une organisation car sinon il n’y a plus de vie collective possible.

Pour autant, ceux qui ont un mandat doivent être très clairs avec ceux qui leur ont donné et être vigilants. Pour le cas présent, j’ai trouvé que les Angevins mais aussi les militants n’ont pas été respectés. S’il y avait eu un minimum de délai, cela aurait été différent. A défaut de primaires trop difficiles à organiser dans un délai bref, le choix des élus de la majorité aurait du être éclairé par des indicateurs multiples : sondage, avis des adhérents du parti majoritaire, avis indicatif des Maires de l’agglomération dans laquelle la ville d’Angers joue un rôle déterminant…et sans doute d’autres indicateurs encore.

Alors certains diront qu’ayant perdu le vote interne du groupe majoritaire je cherche des raisons à cette défaite. Et bien non, j’ai redit à la presse que si demain un vote large, notamment par le biais de primaires citoyennes ouvertes, donnait à la ville le nom d’un candidat qui porterait les couleurs de la gauche, quand bien même je ne serais pas celui là, je serais heureux car le procédé aura été clair, transparent, ouvert et large.
Si l’os m’est resté en travers de la gorge, c' est pour toutes ces raisons et aussi bien entendu par non respect de paroles qui m’avaient été données et que j’ai exposées.

Demain sera un autre jour. A la fin de cet épisode, je me dis que notre marge d’amélioration est grande. L’exigence morale et éthique doit devenir plus grande. Les hommes et femmes politiques doivent plus que jamais être SINCERES, INTEGRES.

L’enjeu ce sont les Angevins, rien que les Angevins.

A mes amis qui disent que je suis trop « gentil », je leur réponds que l’histoire saura évaluer cette période de deux ans qui s’ouvre. J’ai vu des choses anormales dans notre fonctionnement, nous passons à une autre étape d’ici 2014.

Dans le présent, il est indispensable de continuer le travail entrepris depuis 2008.
OUI je m’inscris dans le futur comme je l’ai toujours dit en toute transparence, je serai dans l’équipe municipale, réclamant des primaires pour 2014 (nous avons le temps) et je reste fidèle à mes idéaux.
 

Rotureau.fr © 2013 | E-mail : jean-luc@rotureau.fr