Orientations budgétaires 2013 : mon intervention au conseil municipal



vendredi 15 mars 2013

Monsieur le Maire, Chers Collègues,


Avant de vous faire part de quelques réflexions sur nos orientations budgétaires, permettez-moi de revenir un peu sur le contexte international et national.
La Zone euro a connu de fortes turbulences et nous sommes toujours dans une situation d’entre deux où la reprise attendue se fait attendre. Nous ne sommes d’ailleurs pas certains que demain sera comme hier avec le même mode de développement. Je pense à ce sujet que nous devrons inventer d’autres types de croissance, à la fois une croissance plus partagée et certainement plus respectueuse de notre planète, avec d’autres indicateurs de richesse…
S’il faut maîtriser partout les dépenses publiques, il est cependant nécessaire aussi de maintenir un niveau d’activité, de ne pas casser la croissance, comme le reconnaît Christine LAGARDE, Directrice du FMI.
Notre pays, par le biais de son gouvernement, tient cet équilibre, en privilégiant la maîtrise budgétaire, tout en permettant un minimum de croissance.
Notre dette nationale est en effet une plaie : 28 000 euros par habitant. C’est une bombe à retardement que nous ne pouvons accepter pour les générations futures. Le gouvernement a raison de s’attaquer prioritairement aux déficits. Il ne peut pas avoir de politique ambitieuse sans équilibre des budgets ! A l’échelle départementale, nous voyons aussi combien la dette (440 millions bientôt) empêche des orientations plus offensives et combien elle pèse sur nos concitoyens par les augmentations successives d’impôts. Dans le budget départemental 2013, ce sont 48 millions de dépenses pour l’annuité de la dette, capital et intérêts confondus, soit autant que l’autofinancement prévisionnel de l’année…C’est bien trop ! Je l’ai dit en lieu voulu…

Notre budget municipal se présente différemment. Par une politique sérieuse et ambitieuse à la fois, nous avons réussi, notamment grâce à l’Adjoint aux finances, à toujours maintenir un autofinancement suffisant pour financer des investissements, à une hauteur bien plus importante que des villes de la même strate. Ce fut un pari gagnant ! Les Angevins ont ainsi vu leur ville se transformer sans pour autant que les comptes publics se détériorent.

Aujourd’hui, nous sommes toujours dans cette situation. Il est heureux que nous continuions à investir à un haut niveau pour maintenir l’emploi sur notre territoire et pour améliorer le service aux Angevins. Nous sommes cependant certainement rendus au bout de l’exercice, l’environnement des collectivités territoriales évolue, les ressources se raréfient et nous ne pourrons pas non plus augmenter les impôts, les ménages Angevins ne seraient pas à même de pouvoir réaliser des efforts supplémentaires.
Sur les investissements, si l’année 2013 se présente bien, nous devrons probablement les années à venir, revoir une planification de ceux-ci pour les étaler dans le temps. André DESPAGNET disait toujours que le seul investissement indispensable était « quand un pont s’écroule sur la Maine, il faut bien le reconstruire ». Même si notre grand argentier exagérait un peu, je crois qu’il nous faudra réfléchir aux différentes priorités que nous voulons privilégier. Nous ne pourrons pas tout faire, il faudra faire des choix. Pour ma part, je crois qu’il faudra continuer à privilégier, entre autres, la transformation de nos quartiers, Verneau-Monplaisir-Belle-Beille, et notamment garder un fort soutien à la politique du logement. Investir pour le logement c’est à la fois soutenir l’activité économique, répondre à des demandes sociales nombreuses, et agir pour l’environnement en favorisant des logements mieux isolés et moins énergétivores. Il y aura évidemment d’autres priorités et il nous faudra certainement plus qu’avant nous interroger sur les besoins les plus urgents à satisfaire….
Mais le plus difficile sera certainement, comme beaucoup d’autres communes, d’arriver à maîtriser les dépenses de fonctionnement. Je suis sur ce point d’accord avec Laurent GERAULT, c’est un des enjeux de demain. C’est bien la différence entre nos dépenses et nos recettes de fonctionnement qui donne au total la capacité d’autofinancement. Celle-ci sera à Angers encore un peu supérieure à 23 millions en 2013 ; il ne faut plus qu’elle diminue (je rappelle qu’elle était montée juqu’à 50 millions il y a dix ans), sinon nous aurons des soucis pour investir, face à des dépenses de fonctionnement récurrentes et en augmentation. Nos efforts devront donc porter à la fois sur les choix d’investissement et une maîtrise absolue des frais de fonctionnement.
Notre haut niveau d’investissement en 2013 est positif, beaucoup de réalisations utiles pour les Angevins vont voir le jour,  nous aurons en contrepartie beaucoup de subventions qui alimenteront nos recettes, ce dont je me réjouis car nous n’augmenterons pas les impôts des Angevins. Nos devons en effet être plus que jamais attentifs à ceux qui parmi eux sont les plus modestes, et ils sont nombreux.

Le budget primitif nous donnera plus d’éléments mais d’ores et déjà nos orientations budgétaires nous permettent d’être optimistes pour l’année à venir. C’est ce que je voulais souligner ce soir.

 

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