Mon intervention sur le débat d' orientations budgétaires 2014



mardi 7 janvier 2014

Voici mon intervention au conseil municipal du 6 janvier 2014, sur le débat d'orientations budgétaires.

Nous sommes réunis ce soir pour le débat d' orientations budgétaires 2014. Le dernier conseil municipal du 18 Décembre avait déjà été l’occasion d’échanges entre nous sur le budget à venir.

Dans les arguments que j’évoquais alors, je m’étonnais qu’on décide d’engagements financiers importants pour 2014 avant d’avoir une lisibilité budgétaire totale pour cette année et surtout pour les années futures. Je parlais des augmentations de frais de fonctionnement et de la diminution de l’autofinancement et donc de nos marges d’action. Je ne partageais pas certains choix de programmation autour du projet Rives Nouvelles qui se ferait au détriment d’autres urgences pour la population.

Le projet de débat d'orientations budgétaires que nous avons reçu me conforte dans mes affirmations et me donne  raison ! Il est la preuve même du glissement qui est en train de s’opérer.

Je voudrais évoquer ce soir plusieurs points :
  • la diminution continue et trop forte de notre autofinancement
  • le montant trop élevé de nos investissements par rapport à nos possibilités
  • et aussi un exemple de besoin non couvert du fait de ces choix.
  • Enfin la prospective  inquiétante.
Concernant notre autofinancement, il tombe en autofinancement net à 12 Millions alors qu’il était de 30 à 40 millions en début de mandat, après avoir atteint un niveau exceptionnel de 47 millions fin 2005.

Cette diminution constante de l’autofinancement pose la question de la hauteur de nos investissements puisque tout ce qui n’est pas financé par la différence entre nos recettes et dépenses de fonctionnement devra l’être par d’autres ressources. Il n’est pas normal que l’emprunt représente cette année plus de 50% du financement de nos investissements quand l’autofinancement sera lui à une hauteur de 16%. Je rappelle que nous financions nos 66 millions d’ investissements de 2007 par 30 millions d’épargne et par des emprunts envisagés de moins de 30%.

Pour les années à venir, en fonction du Plan Pluriannuel d’investissement, l’annuité de la dette, majorée de la dérive de la section de fonctionnement devrait rapidement dépasser l’autofinancement de 2014. Les dépenses de fonctionnement 2014, avec c’est vrai des dépenses exceptionnelles, augmentent de 12 millions d’euros quand les recettes elles le font de 4,5 millions. On accroit donc nos difficultés de plus de 7 millions par an !

Cette baisse régulière, forte et continue de l’autofinancement devrait inciter à modifier le niveau d’investissement et le hiérarchiser. Il est très élevé. Je regrette, non pas son niveau important en période de crise car il y a besoin d’un niveau d’activités soutenues par le secteur public, mais l’intégration de dépenses d’investissement dont la programmation pouvait attendre, je pense aux 6 millions de Rives Nouvelles dont l’urgence n’est absolument pas démontrée.
Depuis  3 à 4 ans, il avait été proposé de contenir les investissements autour de 50 millions maximum pour préserver les choix à venir. Dans les faits,  les investissements ont toujours été autour de 65 millions par an, bien plus élevés que ce qui est réaliste. Nos choix ne sont pas bons sur la programmation je l’ai dit. Il y a une clarté à avoir dans le débat public.

Nous ne pouvons pas réaliser certains investissements nécessaires parce que d’autres choix sont faits, comme celui des 6 millions pour Rives nouvelles en 2014 ou celui de la patinoire en 2015, ce n’est pas raisonnable.

Je prends par exemple l’indispensable réhabilitation, rénovation de logements de Belle-Beille. Le bailleur public se voit refuser 360 000 euros en 2014  pour ces besoins urgents. Cause : impossibilité budgétaire. Allez expliquer que ces réhabilitations sont moins importantes que la promenade du bout du monde ou le quai Monge ou la patinoire. Moi je n’irai pas ! Combien pourrons-nous consacrer au logement par an à partir de 2014 ? Combien pourrons-nous consacrer à des travaux de maintenance, à la propreté, à l’entretien de la voirie, à la vie des quartiers ou à des besoins de quotidienneté, de la vie courante des Angevins ?

Je m’oppose une fois de plus à cette vision qui ferait apparaître des grands projets ambitieux et de l’autre des petits projets répondant aux besoins plus immédiats de la population. Il faut conjuguer les deux avec bon sens et bonne gestion des deniers publics.

Je suis prêt à un débat public exclusif sur les finances lors de la campagne électorale, je demande ce débat public afin que les Angevins s’approprient clairement les enjeux et qu’on ne leur promette pas la lune + 10% !

Enfin sur la prospective et le Plan Pluriannuel d’investissement, le très haut niveau d’investissement ne sera pas atteignable tel que projeté aujourd’hui dans notre document. Je sais bien que cet exercice n’est pas facile car trop de paramètres sont inconnus tels que les ressources provenant de l’ETAT par exemple. Mais n’ayons pas d’illusions…Nos ressources extérieures augmenteront peu, voire stagneront ou diminueront.
Alors une véritable prospective consiste à poser les enjeux de demain, la ville que nous voulons et à regarder tout ce qui est réalisable dans un cadre contraint que nous connaissons.

L’ambition, c’est porter un projet et le rendre réalisable.
 

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