Mon intervention sur Terra Botanica au Conseil Général



jeudi 23 octobre 2014
Monsieur le Président, Chers Collègues,

Vous le savez, j’ai toujours été favorable au projet qu’on appelait à l’époque de la réflexion parc du végétal et qui est devenu une réalité avec Terra Botanica.

Mon soutien pour ce parc, comme celui de mes collègues Gérard PILET et Jackie GOULET n’a jamais failli. Je reste convaincu que cet investissement est utile au tourisme et à l’économie angevine. Je me sens d’autant plus « autorisé » à exprimer aujourd’hui mon mécontentement.



Avec tout ce que nous avons appris ces dernières semaines, nous ne pouvons admettre ce qu’on nous propose.

En tant qu’Administrateurs, les informations que l’on nous a données étaient totalement partielles, incomplètes et nous n’avions aucun moyen de le deviner. Sans être trop long car Stella DUPONT est intervenue plus en détail sur ce dossier, je voudrais simplement signaler :
  • que sur les 4 exercices clos, les déficits nets diffusés au CA étaient de 154 457 euros en septembre 2010, 38 374 euros 2012 et 2 973 euros en 2013, avec un excédent en 2011 de 8900 euros.
  • que le total cumulé de ces 4 exercices représentent un déficit de 186 904, ce qui, « passez l’expression », ne donnerait pas l’occasion de « fouetter un chat », avec une moyenne déficitaire annuelle de 46 000 euros pour un équipement public dont le CA tourne autour de 4 millions. A titre de comparaison, dans une autre collectivité, un centre des congrès avec un CA deux fois moindre coûte 300 000 euros par an à la collectivité ou encore un équipement culturel plus de 4 millions par an en participation au fonctionnement. Donc les déficits qui nous ont été présentés officiellement n’avaient absolument rien d’alarmant au regard de ce que coûte souvent un équipement public d’envergure.
Nous avons eu connaissance seulement ces derniers temps des rapports appelés chaque année « rapport spécial du commissaire aux comptes » et transmis uniquement aux actionnaires. Je rappelle qu’en tant que « simples administrateurs » nous ne siégeons pas aux AG des actionnaires et n’avions donc pas connaissance de ces rapports.

Et bien, en effet, ces rapports nous auraient alertés ! Pourquoi ? Car il y a chaque année un chapitre intitulé « conventions non autorisées préalablement » où il est fait mention des conventions avec le CG qui permettaient de boucher les trous qui de fait n’apparaissent pas dans les résultats d’exploitation tels qu’ils nous étaient fournis. Il est précisé dans ces rapports dits spéciaux que ces conventions, je cite, « n’ont pas fait l’objet d’autorisation préalable du CA. » Et le commissaire aux comptes indique à chaque fois que la réponse qui lui a été donnée est que le calendrier des réunions du CA n’a pas permis que l’on soit informé ! La ficelle est un peu grosse….Nous aurions préféré être réunis un peu plus souvent…

Et au pire être informés postérieurement s’il y avait eu urgence…Mais les CA suivants n’étaient pas plus informés des transactions passées sans son aval. Pourquoi n’avons-nous pas été informés? C’est invraisemblable avec de telles sommes en jeu !

Alors vous comprendrez bien chers collègues que nous ne pouvons pas aujourd’hui accepter de combler des déficits sans voir plus clair, d’une part sur les raisons de cette absence d’information, et d’autre part sur l’avenir de Terra Botanica. S’il y avait eu transparence totale, s’il y avait pour demain une stratégie claire et limpide, même en mettant de l’argent public, peut-être serions-nous encore prêts à vous accompagner, si les arguments étaient puissants et fondés, au service de l’intérêt général. Mais ce qu’on nous présente ne clarifie rien. Ce vote n’est pas acceptable en l’état actuel.
 

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